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Entretien avec le Bretón Calciné: Ernest Ahippah

Ernest Ahippa ést sorti de son pays natal, Côte-d’Ivoire, il y a 43 ans vers la région française de Bretagne où il a été accueilli “avec bonheur, la seule véritable façon d’accueillir”, dit sa tradition. Après plusieurs projets de développement pour les villages de son pays par le biais de l’Association Bretagne – Côte-d’Ivoire et l’ouverture de l’école de musique, la danse et animation africaine l´Appatame, Ahippa a décidé de mener sa fusion de musique, danse, histoires, et expériences ailleurs d’ Europe.

Et ses pas lui ont mené la semaine dernière à Saragosse, spécifiquement à la Salle Caravane de l´Hôtel Sauce. En collaboration avec l’Institut français, Ahippa a invité le public réuni ‘à «s´amuser comme un Africain”, en les faisant chanter et danser, tout en combinant ses plaisanteries et blagues avec des histoires intimes de son enfance africaine, qui ont défini sa vie. D’ailleurs Ahippa en swahili signifie “né par les pieds.”

La musique n´a pas été inventée; elle existe dans la nature

Votre spectacle combine la musique, la danse, les histories… Comment vous décrivez ce que vous faites ?

Les gens qui viennent me voir le font pour découvrir une culture et ses traditions. Et j´apporte tout ce qu´il faut pour y réussir. C´est par cela que quand je fais le spectacle, par exemple, je porte ces vêtements traditionnels. Ce n´est pas pour faire beau; ça a une relation avec ma culture. Et quand je travaille avec des scolaires, a qui on doit vraiment donner le droit de comprendre ce qui se passe, je leur dit: «on va faire maracas». Ils connaissent ce que c’est mais après on joue l’ instrument pour qu´ils voient comment ça se joue. Ces sons que je joue avec les instruments sont dans leurs vies, mais ils ne font pas attention. Ceux qui ont crée les instruments ne l´ont pas fait au hasard, ils l´ont fait en récréant des sons pour harmoniser avec les lettres.

Vous parlez de la musique comme si c´était quelque chose d´organique.

J´étudie les instruments, mais pour la musique, elle n ´a pas été inventée; elle est dans la nature. Elle est dans nous et à nous, dans les mélodies, les paroles… En fait la langue française et la langue espagnole son des mélodies. Dans le quotidien on parle tout le temps, mais on ne fait pas attention a cette mélodie. On attend qu´on nous fasse la musique pour pouvoir faire la fête. Tous les jours quand on marche, quand on mange, il y a de rythmes qui sont respectés. Et moi, quand j´étais un enfant, on m´a appris que quand je vais aux champs, quand je marche dans la nature, je marche sur les feuilles mortes, et dans ce bruit je trouve un rythme, et je me sers de ce rythme pour m´encourager a avancer. Donc pour moi, avant même de créer les instruments, la musique était déjà là.

Et le publique général, comment est ce qu´ils acceptent votre spectacle ?

Ici, à Zaragoza, il y avait beaucoup de français, mais j´ai vu par exemple à monsieur Javier (notre directeur a l´hotel Sauce) très attentif. C´est parce que le spectacle que je fais est intimiste, mais des fois on bouge, on dance, on chante. Ce n´est pas jamais passive. Je poudrais faire come des autres qui se contentent d´être instrumentistes, virtuoses des instruments. Mais moi j´aime travailler avec les gens, surtout les enfants scolaires : ils ont besoin de comprendre les choses. J´ai deux groups avec lesquels je joue de la musique traditionnelle, mais ça c´est une chance de pouvoir ouvrir la tradition africaine aux élèves et à vous.

Ici vous nous avez appris la parole ´aquaba´ (´bienvenue´en swahili) Est-ce que quand vous retournez a la Côte d´Ivoirevous parlez et chantez en français?

Oui. Là bas je dis `bienvenue´. Ici, j´enseigne à dire ´aquaba´ et aussi j´enseigne son sens : Aquaba se dit toujours avec une sourire parce que pour accueillir quelqu´un, il faut le faire avec bonheur. Si non, ça ne vaut pas la peine.

Vous vous appelez Ahippa, que veut dire `personne née par les pieds´. Vous vous faites appeler le ´bretón calciné´et si on vous demande d´ou vous êtes,

vous répondez que vous êtes ivoirien et breton-français. Ça doit être difficile pour vous de vous présenter aux gens !

Les gens disent : je suis “nom” et je viens de “un autre nom”. Mais tu n´es pas que de ta ville et ce n´est pas un seul nom qui te défini. Tu as une famille, le lieu où tu habites a une tradition, si tu cherches bien tu vas voir que tu n´es pas seulement un nom et une ville. Mais aujourd´hui on ne fait pas attention à ça. Et bien sûr que je me fais appeler le breton calciné: cela fait 43 ans que je suis en Bretagne ; ils m´ont accueilli, j´ai rejoint sa culture… Ça c´est très fort pour moi. Et pour les remercier je dis que je suis Breton ; un breton calciné.

Est-ce que vous avez eu la chance de visiter Saragosse et ses monuments ?

Oui ! On m´a fait un tour par le Pilar, l´Aljaferia, les restaurants… J´ai vraiment apprécié. Je trouve la cité très grande et très jolie.

Quel est la chose la plus drôle qui vous est arrivée lors de ce voyage.

On est allés à Bilbao et on a mis la voiture dans le garage de l´hôtel. On nous a donné une carte pour entrer, mais pas de carte pour sortir et on s´est retrouvés enfermés ! On a été bien étonnés ! Les deux fois qu´on est allés au garage on a due appeler l´hôtel pour qu´on nous ouvre. Mais dans le voyage, ce qui m´a touché c´est les gens de Zaragoza quand on est allé manger les petites truques là… comment est-ce que ça s´appelle ? Tapas! J´ai vu que les gens se retrouvent là, autour des tapas! Et il y avait aussi des personnes de certain âge! Et le soir, tout le monde est dehors! Je marchais par Independencia et c´était plein de monde!

Quel est l´objet le plus absurde qui ne peut jamais manquer dans votre valise ?

Je ne sais pas si je porte quelque chose d´absurde avec moi normalement…. Mais j´ai essayé les churros au chocolat et j´adore ! Si je pouvais, j´aimerais porter avec moi des `churros´ toujours dans ma valise. `Churros au chocolat !´.

 

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